De l’inattendu au café noir : amer, et sucré.

Jeudi 30 août, 2007 at 5:11 (Impression)

Phrase notée sur un carnet, là, par hasard : “Le cortège déjà presque funèbre et les cadeaux qui n’en sont pas, la tendre vacherie des mots de désamour, le manque de caresses et la vie qui s’en va, et le sourire caressant de la vieille qui s’enterre sans oublier d’emmener les autres avec elle”.

C’est définitif, ma grand-mère est une vieille peau. Elle aime à faire mal, elle aime à dire du mal, elle aime à faire souffrir de façon raffinée.

Aller la voir, c’est un peu comme renoncer à sa vie, l’espace de quelques heures aller s’enterrer dans un lieu où même les battements de coeur se font discrets, où l’on enrubanne les douleurs de thermolactyl Damart, et où les rideaux sont fermés, de peur que le soleil ne rentre et ne fasse passer la couleur des murs, déjà si vieux qu’ils en ont oublié qu’ils avaient une couleur.

Aller la voir, c’est surveiller chacun de ses mots, chacun de ses gestes, et supporter ses instultes discrètes, ses points d’acide avec un sourire indulgent.

Je déteste ça, aller la voir. C’est tellement moche, cette vie à faire le mal, non, à faire le médiocre.

Et puis, parfois, on ne sait pas trop pourquoi, il y a des moments de grâce. Celle qui s’acharne au pire soudain donne le meilleur. Aujourd’hui, entre les saletés coutumières, il y a eu un moment comme ça.

Non, mamie, je n’ai pas besoin de ton argent. Et la petite vieille de sortir de son sac à main un pendentif. Un petit pendentif bleu, tout simple. Elle l’a depuis des dizaines d’années. Le seul souvenir, du seul voyage (de 24 heures) qu’elle ait jamais fait, hors celui des camps. Une bague, qu’elle avait fait monter sur une chaîne. Voilà qu’elle me le tend. “Tu aimes la Grèce. Ca, c’est la Grèce. Garde-le, ma chérie.”

Un cadeau. Un vrai cadeau, pas un chèque ou des billets, non, quelque chose qui veut dire pour elle. Quelque chose qu’elle a chargé d’un peu de sa vie et de son amour, que je croyais desseché depuis si longtemps. Elle ne m’en avait jamais fait avant, de vrai cadeau. Une babiole, mais voilà, cette babiole-là, c’est la preuve que derrière la vieille peau, ma grand’mère n’est pas morte depuis tout ce temps. Ou pas totalement.

Et en même temps, qu’est-ce qu’elle peut être méchante…

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Comme je n’étais qu’un salaud, j’me fis honnête…

Mercredi 29 août, 2007 at 12:26 (Non classé)

Les Vacances sont venues, et reparties, avec leur cortège de chaleur, de douleur, de fous-rires, de meurtre de chevelure, de sacrifice de ladite toison, de fin d’amour et de début de tant de choses.

Les Vacances sont venues et reparties, démesurément courtes, délirantes et bigarrées, grecques, bretonnes, enfermées ou à l’air libre, douces-amères, pleines de joie, de tension et d’espoir, d’intelligence et de coups-bas entre universitaires.

Cassons ce rythme trinitaire qui me vient si naturellement. Je ne sais pas si j’ai envie de tout raconter dans ce blog. A quoi bon raconter Hadrien, mon ami, mon tendre, qui n’a pas su ne pas me faire souffrir ? A quoi bon raconter la Bretagne, les macarons et les yeux bleus des marionettistes ? A quoi bon raconter un certain pique-nique dans un salon parisien ? A quoi bon, à quoi bon la conférence à Espalion et l’attaque de l’Aligot géant, à quoi bon la Grèce, la mer glacée près de Camaret, cette pièce enfumée où ils jouaient de la guitare en oubliant de se suivre l’un l’autre, le souvenir ému d’un Rémy qui reste pour moi l’autre vraie rencontre de Toulouse, l’autre vrai mec bien, le tango qui reste dans mes oreilles, bien des choses qui n’ont plus de sens et tant d’autres que j’ai comprises.

J’ai pas envie d’écrire tout ça. Et puis, ça t’emmerderait, cher lecteur, ne nie pas, je sens dans tes yeux comme une petite lassitude à l’écoute de ma mélancolie bloguienne.

Il est tant de sortir. Je veux aimer.

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