Vous me croiriez, si je vous racontais ma journée ?

Dimanche 22 juillet, 2007 at 8:47 (Impression)

Il y a la perroquette lesbienne et dépressive, réclameuse de bisous, qui danse le French Cancan en se plumant le torse.

Il y a la tortue mécontente qui poursuit le chien dans tout le jardin, parce que le morceau de banane pourrite, il était à elle, merde, quoi.

Il y a trois heures de sommeil, en tout et pour tout.

Il y a ces gens qui se disent sans m’avoir vue qu’on ne doit pas me draguer souvent.

Il y a ceux qui me draguent à 8h du mat dans une gare déserte alors que j’ai tellement l’air d’un cadavre.

Il y a les chats qui se coalitionnent pour des attaques-câlins en règle.

Il y a, là, maintenant, tout de suite, des larme séchées qui me tirent les yeux, de soulagement, de tendresse, d’amour, de tension, de lucidité, aussi, un peu. Mais surtout d’amour.

Il y a un train qui m’attend.

Il y a des catacombes aussi.

Il y a le poulet plumé de tout à l’heure qui demande, d’un air mélancolique, si “Faby va revenir”, avant de saisir avec des délicaterre de vieille fille anglaise entre ses pattes plus puissantes qu’il n’y paraît un bout de melon et de le goûter d’un air circonspect.

Il y a le chien qui vient se coucher quand un oiseau lui dit de le faire.

Il y a aussi, plus rarement, un moineau dans la maison, qui pique les graines au perroquet.

Il y a le souvenir rare, déjà presque enfoui dans ma mémoire et pourtant tellement vivace, d’odeurs, de vent violent et marin, de pierre blanche et brûlante et d’une nuit mémorable où je me suis retrouvée habillée dans la mer.

Il y a l’attente, l’attente mordante, brûlante, blessante.

Il y a une fin à ce texte, mais je ne sais pas quand.

Il y a la sensation bizarre, agaçante et fugace, d’avoir sur le bout de la langue quelque-chose d’oublié.

Il y a la mélancolie, qui, comme la nostalgie ou les coups de soleil, ne fait pas mal pendant, mais fait mal le soir.

Ah, Barbara, quelle connerie, la guerre…

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