Les gens sont fous.

Mardi 29 mai, 2007 at 7:05 (Impression)

Oui, je sais, c’est pas une découverte.

Approchez, approchez, c’est l’heure de l’article qui dénonce. Ouais !

Dites-le moi franchement : est-ce que j’ai l’air mal dans ma peau ? (Oui, ceci est directement pompé sur Desproges. Le début, pas le fait que je serais mal dans ma peau.)

Non, parce que il paraît que je le suis. Mal dans ma peau, s’entend. C’est un type, qui a dit ça à un autre type, bref, c’est une histoire de mecs. D’homme [blam, blam].

Nous disions ? Ah, oui, que je suis mal dans ma peau. Moi, techniquement, j’m'en fous un peu, pour ne pas dire que je m’en fous totalement, qu’on me croie mal dans ma peau ou pas.

Sauf que voilà, c’est comme pour les fringues, là je crois qu’il y a une légère forme de toute petite injustice ordinaire, et douloureuse à certains au point que je connais des gens, et c’est vrai, et c’est pas une blague, qui se bourrent la gueule au taillefine fizz en croyant que ça va les faire maigrir, alors qu’il suffirait qu’ils comprennent qu’ils sont beaux comme ça pour être beaux.

Les gens sont fous.

Et puis, j’aime pas les injustices. Cette injustice-là, celle qui fait pas la différence entre un black, un beur, un blanc, un bonobo, un perroquet, mais alors par contre un gros c’est pas des gens comme nous, j’en ai trop souffert, à l’époque où oui, c’est vrai, j’étais mal dans ma peau, parce qu’on avait réussi à me convaincre que j’étais pas un “gens comme nous”.

Soit dit en passant je suis toujours intimement persuadée que je suis pas un gens comme eux, mais c’est une autre histoire.

Revenons à nos moutons, euh, à nos vaches. Ce type, donc, croit que je suis mal dans ma peau. C’est quen vous comprenez, il m’a vue mal à l’aise, je vous passe les détails de toute façon tout le monde les connaît. Quand j’ai le cul entre deux chaises et que je ne sais pas quel mensonge je dois dire, la plupart du tempe, j’ai la fâcheuse habitude de ne RIEN dire, justement, plutôt que faire une connerie.

Un être humain normal (c’est-à-dire qui rentre dans un 38, voire un 36 selon Pimkie), on prend ça pour de la timidité. C’est mignon, la timidité.

Un gros, parce que grosse, je le suis (non, Julio, c’est pas du misérabilisme : je m’aime comme ça, alors fais pas chier), un gros, disais-je, c’est pas de la timidité, c’est forcément du complexe. Parce que tout le monde le sait, une fille grosse EST mal dans sa peau, tout comme une sardine est à l’huile, et si elle l’est pas (la fille grosse, mal dans sa peau, tout comme la sardine, à l’huile), ben elle devrait, parce que franchement t’as vu sa gueule ?

Rien ne le fera changer d’avis, ce type que seul l’espèce de respect que j’ai pour un mec au demeurant intelligent, sympa et humain, ce qui me fait trois bonnes raisons de bien l’aimer, finalement, outre qu’il est le père d’un homme [blam, blam] admirable, ce qui fait quatre, ce type que seule la sympathie à toute épreuve que j’ai pour lui, assez curieusement, m’empêche de traiter de triste imbécile.

Pourtant, je l’ai dit, ce n’est pas un imbécile, ce mec. C’est un type avec tout plein de qualités. Alors ? Pourquoi ? Pourquoi, depuis le jour où il m’a vue, est-il si inoxydablement persuadé que je suis mal dans ma peau ?

Par principe.

Vous savez, le plus con dans cette histoire ? C’est que, quoi qu’il arrive, il sera toujours persuadé que je le suis, mal dans ma peau. Soit je serai mal à l’aise à nouveau en sa présence, en vertu d’une mauvaise habitude que j’ai de ne pas supporter d’être classée dans une case qui ne m’appartient pas de façon définitive, auquel cas c’est bien une preuve, ça, non ? Soit je serai à l’aise, plus belle que jamais, plus souriante, virevoltante et seductrice que jamais, et ça, ça montre bien que j’exagère, que je cache sous des dehors exubérants un vrai mal être bien caché.

Je trouve ça triste. Pas pour moi, moi, vous savez, je suis heureuse, j’ai un homme qui m’aime, on se retourne sur moi dans la rue avec des regards d’admiration et j’ai eu 13 en géo au KB [ouais, j'ai réussi à le caser ! Yess !]. Non, je ne suis pas triste pour moi. J’ai ma p’tite monnaie.

Non, c’est triste pour ce malheureux trop attaché aux apparences, et qui cache en dénonçant les kilos des autres sa vieillesse qui se pointe doucement, insidieusement, et qui pourrait faire de lui un homme plus séduisant encore qu’il ne l’est déjà, si seulement il l’acceptait.

Parce que celui de nous deux qui met du maquillage, m’sieur, c’est pas celui qu’on croit.

Pour conclure un article déjà si long que personne ne le lira, mais c’est pas grave, il m’est sorti de la tête où il mijote depuis que j’ai appris la chose, c’est-à-dire depuis longtemps, ben je dirais que finalement, je dénonce pas grand chose, dans cette histoire.

Je constate seulement qu’il y a des gens qui se trompent de plaisir, tout comme il y en a qui se trompent de colère, disait Senghor, avec mansuétude paraît-il.

Le plaisir, mon ami, le véritable plaisir à vivre, il est quand on arrête de se comparer aux autres pour les regarder vraiment.

On finit par découvrir des trésors.

Si, si, j’te jure.

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Le bonheur ça s’trouve pas en lingots, mais en p’tite monnaie…

Mardi 29 mai, 2007 at 6:38 (Racontage de vie)

Comme chais plus qui disait…

Bon. Je ne vais pas te dire merci pour tout ce que tu sais, mon amour. Oh, et puis, si : merci. Parce que, bon.

J’ai tenu ma promesse. J’ai pas pleuré. Pas devant toi. Il fallait sourire, et puis, j’avais envie de sourire. Ce jour-là, ces jours-là, je n’ai jamais cessé de sourire. Parce que tu m’as apporté le miel dont j’avais besoin, parce que tu m’as donné la force de ne plus en avoir, pour toutes ces courbatures que j’ai encore et qui sont la preuve incontestable, marquée en moi, que tu étais là. Pour ton odeur. Pour ton goût contre mes lèvres.

Je deviens lyrique. Mais j’arrêterai pas, quitte à sombrer dans le pathos intégral, parce que j’ai la mauvaise habitude d’aimer les mots, d’être profondément exhibitionniste et de vouloir revivre ces trois jours, bon, ces deux jours et demi de douceur profonde, de tendre intensité que tu m’as donné.

Et puis, c’est pas tous les jours que je pleure de bonheur, mon amour.

Et puis, j’ai envie de t’attendre. J’avais toujours cru, avant que cette histoire à la con me tombe sur le coin de la gueule, que je n’avais pas la vertu des femmes de marins. Maintenant, je sais que je l’ai pas. Je sais que j’ai cette autre chose-là, bien agrippée au fond du coeur, et qui s’appelle l’amour de toi, le truc qui me fait trop parler, trop écrire, trop dire, et, surtout, surtout, qui me donne le courage de te vouloir, toi.

Et de t’attendre, juste pour le bonheur intense, le bonheur à pleurer que c’est de t’avoir dans mes bras, sur un quai de gare, à sept heures du mat, ou bien à seize heures, je suis pas sectaire.

Comme chais plus qui disait, le bonheur, ça s’trouve pas en lingots, mais en p’tite monnaie.

Et puis, ce qui est bien, avec le bonheur, c’est que c’est comme avec l’amour : plus tu en donnes, plus tu en as. Ouvre les bras, mon ange, j’arrive.

J’arrive.

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Allez dire ça aux quelques qui commencent leur concours (le vrai, eux) demain. Merde à tous. Et à nous aussi, tant qu’on y est.

Mardi 15 mai, 2007 at 6:58 (Brève)

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La leçon est jolie.

Lundi 14 mai, 2007 at 4:43 (Necdote ?)

La leçon du jour nous vient d’un petit Antillais. (Toutes mes condoléances aux quelques qui révisent l’Outre-mer français. Bref.) La leçon, disais-je, nous vient de ce petit Antillais.

Nous ne lui donnerons pas de nom, de toute façon, son nom, je le connais pas, et pis j’ai la flemme de faire les cinq mètres qui me permettraient de demander des éclaircissements aux autorités maternelles.

C’était un petit Antillais, disais-je, et d’ailleurs, c’est toujours un petit Antillais, du moins je l’espère pour lui, car l’histoire date d’avant-hier.

Le petit, donc, s’installe dans une nouvelle chambre. Au-dessus de son lit, avec un soin, une dévotion extrême, le môme punaise une photographie d’un vieil homme noir, au doux sourire, légèrement amusé.

Derrière l’enfant, un éducateur. Ah, oui, parce qu’on est dans un foyer, et que donc, un éducateur aide le petit garçon à s’installer dans ce qui sera desormais son chez-lui. L’éduc, donc, veut être gentil, et mettre le petit à l’aise, parce que bon, le petit, s’il est là c’est qu’il y a une raison et qu’il doit pas être super heureux, alors il lui dit que dis-donc, ton grand-père, qu’est-ce qu’il a une bonne gueule, qu’est-ce qu’il a l’air sympa !

Et l’enfant de se redresser de toute la taille que lui permettent ses huit ans, et de regarder d’un air hautain le pauvre moniteur-éducateur qui probablement s’attendait pas à celle-là :

- Mais enfin, Monsieur, c’est Aimé Césaire !

Vraiment, la leçon est jolie.

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Où l’on ne dit rien.

Mercredi 9 mai, 2007 at 6:03 (Racontage de vie)

Une fois n’est pas coutume, je sais pas pourquoi j’écris. Ni ce que j’écris, d’ailleurs, ce qui peut s’avérer problématique. Bref.

Ami lecteur, je sens que tu t’emmerdes déjà, alors, dans ma grande mansuétude, je t’accorde le droit de fuir. A ta place, je l’aurais déjà fait, mon ami.

Je disais donc ? Ah, oui : rien. C’est pas si facile, finalement, quand on y réfléchit, d’écrire rien. Parce que bon, d’est vachement oxymorique. Rien écrire, j’veux bien, mais écrire rien… (Et ontologiquement, c’est une antanaclase, c’est ça ?)

*Cherche désespérément un truc à dire*

Nan, c’est définitif, hein, y’a rien. Bordel, ce que je fonctionne mal, en ce moment. C’est vous dire : j’ai même commencé à réviser la géo. C’est pas normal, moi j’vous l’dis, ça va mal finir tout ça. En K** B*** par exemple. Ou, pire, en kh***. Mais ça, c’est une autre histoire.

Bon, c’est pas qu’il est tard, mais j’ai toujours rien à dire, comme aurait pu dire Elsa Triolet en sortant du lit de Voltaire si elle l’avait connu et si elle avait pas été une aussi fieffée simulatrice (ou p’t'être pas, hein, c’est juste une supposition. Suppositoire.).

Sinon, y paraît que, dixit Levieux, ça “forniquait sec à Eleusis”. J’eusse aimé voir ça. Et puis, les objets du culte aussi, ça m’aurait pas mal fait marré, jen pense. Manquait plus que le commentaire du prof de grec sur les statues minoennes : “C’est la féminité, quoi : un cul, des seins, pas de tête”. Merci, monsieur, vous me valez trois lignes.

Ah, oui, sinon je peux faire un autre truc rigolo aussi : mettre une photo. Tout le monde s’en fout royalement, mais au moins je risquerai pas de la perdre. Ou si, mais alors ce sera à l’insu de mon plein gré.

*fourrage dans son ordi, se perd*

*une heure plus tard*

On parlait d’une photo, non ? Vous êtes sûrs ? Z’allez pas le regretter ? Bon. Tant pis pour vous. Comme le dira le répondeur que j’ai pas encore eu le courage de faire “pardon aux familles, tout ça”.

Et dire que c’est censé bosser, alors que ça va orgasmer, que dis-je, onaniser en commun devant un chocolat chaud An******(tm). Ces jeunes.

A part ça, ben, j’vous avais prévenu que j’avais rien à dire, hein, vous pourrez pas vous plaindre.

Na.

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Où l’on parle d’un père, d’une mère et de Dieu.

Dimanche 6 mai, 2007 at 6:21 (Impression)

J’aurais pu écrire un autre article sur Sarko, dire à quel point je le vomis, non, dire à quel point j’ai cette boule dans la gorge à la pensée de tous ses électeurs.

Mais ce serait du manque de respect, et je suis trop respectueuse.

Pas envers Sarko, non, lui je le conchie, et franchement, j’en viendrais presque à regretter Chirac. Lui au moins me faisait pas peur.

Non, ce serait du manque de respect envers tous ceux qui ont voté, sans comprendre, sans savoir, et ceux-là, ben… Je serai jamais d’accord avec vous. Jamais, jamais je ne pourrai être d’accord avec vous. Parce que voilà, il me fait peur. Parce que je suis trop peu indivipourriste, parce que je crois pas en Dieu, parce que j’aurais tellement voulu croire qu’un agrégat d’individu aurrait pu former un peuple.

Mais non, va falloir s’y faire. On est un agrégat d’individus. Qui ont élu un type, qui met en avant l’individualisme le plus crasse.

C’est ça, la démocratie.

Desproges disait que des millions de personnes ne peuvent pas se tromper. Il avait raison. Finalement, ils ont très exactement ce qu’ils voulaient.

Et 47% des électeurs français pleurent, ce soir. Ou ont peur. Ou songent à s’enfuir. Ou mettent la tête dans le sable. Ou…

C’est terrible, ne plus avoir d’espoir à 19 ans. Politiquement, s’entend. Ma mère a essayé de me rassurer. Elle n’y est pas arrivée. Je n’y crois plus. C’est terrible. A 19 ans, à l’âge des révoltes, je n’y crois plus.

Rappelez-moi de plus jamais avoir de père sociologue.

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