“Le seul bien qu’il me reste, c’est d’avoir, quelquefois, pleuré” (Musset)

Je suis sûre que ça vous est déjà arrivé.
Lui, en train de parler, heureux, parce qu’enfin, enfin il parle, il existe, et moi, heureuse, heureuse de le sentir en vie, heureuse comme jamais de le voir s’épanouir, heureuse de le voir grandir, et devenir l’être magnifique qu’il a toujours été.
Et il continue de parler.
Et, tout d’un coup, cette sensation de vacuité, là, dans la gorge, le coeur qui se met à battre, et cette douleur dans le coeur, exactement comme quand je te lis, Astrid, qui que tu sois, ou comme quand je faisais l’amour, avant lui, ce n’est pas incompatible. Cette douleur-là qui donne l’impression que tout va s’arrêter, le coeur en premier, que ma poitrine v, non, pas exploser, se petrifier plutôt, que je deviens une statue de sel, et le besoin incessant de me retourner, de crier, de courir, et de pleurer.
Et, surtout, l’impression que plus rien n’a de sens. Tu vois, Eglantine, ma douce, même pas besoin de bouquin, je suis forte, hein ? Me rendre compte que je suis dans un cube aux reflets rouges, mal assise sur un canapé bas de gamme, en train d’écouter des mots qui ne veule tout d’un coup plus rien dire, et épuisée, épuisée pour quoi ? La prépa, oui, bien sûr.
Est-ce que ça vaut vraiment le coup de tout abandonner, ou presque, pour ça ? Este-ce que ça vaut vraiment le coup de perdre mes connaissance, de perdre ma connaissance, de m’éloigner de mes amis, de risquer jusqu’à toi, mon amour, toi que je vois si peu que j’en oublie le goût de tes baisers, que je ne sais même plus quelle sensation c’est, te tenir la main dans la rue ? Est-ce que ça vaut le coup ?
Une larme, et cette douleur maintenant insoutenable dans la potrine.
Et puis, ma respiration qui se débloque, tout d’un coup, l’étau qui libère mon coeur, et cette douleur qui s’échappe, il ne reste plus rien, je me sens bien, enfin, et je souris. Bien sûr que ça vaut le coup. C’est magnifique, tout ça. J’aime, j’aime apprendre, j’aime tout ça. Je ne regrette pas.
IL ne reste plus rien.
Ah, si, tiens. La trace d’une larme dans le creux de mon sourire.
Bouffe, baise et littérature, ou La Prépa Pour Les Nuls #2.
L’Hypokhâgneux est une créature étrange, aux besoins mal définis.
En effet, dès qu’il a un instant, loin de se comporter comme tous les mammifères et de rechercher un compagnon de jeu pour se reproduire, l’Hypokhâgneux moyen se dirige d’une démarche mal assurée vers un lieu encore mal connu, probablement son antre, duquel il ne sort que pour satisfaire ses besoins naturel : manger, aller aux toilettes, faire sa khôlle. Ce lieu étrange est probablement son antre, et le fait qu’il y entre à l’aube et qu’il n’en sorte qu’à la nuit tombée pousse l’observateur assidû à penser que l’Hypokhâgneux est un animal nocturne, hypothèse confirmée par les cernes sous ses yeux, propablement dûs à un organisme mal adapté. Ce lieu est nommé, dans leur dialecte, un Séddhéih.
Chaque jour aux alentours de midi, on assiste à un phénomène très intéressant : tous lesHypokhâgneux se réunissent dans un autre lieu, et, par chance pour ceux qui l’étudient, ce lieu est entièrement vitré, ce qui nous permet de les observer dans leur environnement naturel.
Dans ce lieu, les Hypokhâgneux font la queue pendant un temps indéterminé, et leur patience à cet égard laisse suggérer que c’est un acte purement instinctif, ce qui conforte notre théorie selon laquelle les Hypokhâgneux sont privée d’entendement.
Nous assistons alors au repas de l’Hypokhâgneux, si l’on peut appeler ça un repas, durant lequel il ingurgite une bouillie non encore définie, dont on se demande encore si elle n’est pas toxique pour n’importe quel être humain, tout en riant et en parlant littérature, principalement littérature licencieuse. Après avoir installéinstallé un micro dans cette tanière collective, nous avoàns entendu des mots compréhensibles malgré leur dialecte très particuliers : “Sade”, “Divins Marquis”, “Rime en -erge”, “Pervesion”…
Voilà pour la deuxième leçon, vous pouvez ranger vos stylos, et à la semaine prochaine.
Hypokhâgneux moyen, vue d’artiste :
